Interviews de Peke Komlan: «C’est grâce au PASA que je suis devenu un éleveur professionnel»

Article : Interviews de Peke Komlan: «C’est grâce au PASA que je suis devenu un éleveur professionnel»
18 novembre 2019

Interviews de Peke Komlan: «C’est grâce au PASA que je suis devenu un éleveur professionnel»

A Dalanda, dans la préfecture de Sotouboua, PEKE Komlan est reconnu pour ses poule locales.

L’éleveur Peke Komlan

A 10 Km au nord de la ville de Sotouboua se trouve un village nommé Dalanda. Les habitants de  Dalanda, vivent principalement de  l’agriculture. C’est dans ce même village que nous avons rencontré monsieur PEKE Komlan. Il est éleveur de vollailes. On y trouve chez lui rien que des poules locales. Grâce à son dévouement, il a été l’un des éleveurs commerciaux à bénéficier du fonds PASA en 2014.

Echos de Sotouboua: Présentez-vous à nos lecteurs.
PEKE Komlan : Je m’appelle PEKE Komlan. Je suis éleveurs de vollailes. Je suis l’un des promoteurs que le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) a financé en 2014.
E.S : En quelle année vous vous êtes lancé dans l’élevage ?
P.K : J’ai commencé en 2012.

L’entrepreneur Peke Komlan à l’oeuvre

E.S : Pourquoi avez-vous opté pour les volailles locales ?
P.K : Cela semble un peu facile par rapport à l’élevage des poules de races. Ici, la mortalité est rare. Cet élevage n’est pas trop contraignant. Les poules locales sont plus appréciées dans nos communautés parce qu’elles sont naturelles. On les utilise par exemple dans les cérémonies traditionnelles. Certaines personnes aiment ces poules pour leur chair délicieuse. C’est ce qui ,’a encouragé à m’intéresser à cet élevage.

E.S : Avec combien de têtes vous avez commencé cet élevage ?
P.K : J’ai commencé avec à peu près une vingtaine avant que PASA ne me finance.

L’élevage traditionnel de Peke Komlan à Dalanda

E.S : Vous avez alors bénéficié  du financement de PASA. Comment cela est-il arrivé ?
P.K : C’est grâce au suivi et à l’appui technique  de l’ICAT que PASA m’a connu. D’abord, j’ai reçu beaucoup de conseils de l’ICAT. J’ai donc évolué dans mon activité et PASA m’a retenu parmi les promoteurs des éleveurs commerciaux en 2014. J’ai été financé à hauteur de 2.950 000FCFA.

E.S : Qu’avez-vous fait avec cet argent ?
P.K : J’ai réussi à construire deux bâtiments que vous voyez. Je me suis aussi équipé en mangeoires, abreuvoirs et même d’une couveuse électrique.

E.S : Etre promoteur agricole reconnu. Qu’est-ce-que cela vous inspire ?
P.K : C’est une fierté pour moi. Cela me valorise. Cela me valorise. J’ai d’ailleurs participé à la foire des éleveurs à Tchamba en 2014.

E.S: Parlez-nous en un peu de la foire de Tchamba.
P.K : J’étais là-bas comme exposant. J’avais amené les dindons et les poules. Il faut dire que cette foire m’a motivé à me relancer dans cette activité, parce que j’ai vu d’autres éleveurs qui sont fiers de leurs activités et je me suis dit que c’est un travail noble.

E.S : Revenons ici. Qu’en est-il du suivi sanitaire et technique de vos volailles ?
P.K : En ce qui concerne le suivi sanitaire, moi-même j’ai été formé comme AVE, c’est-à-dire Auxiliaire Volontaire d’Elevage. Alors je traite mes poules par déparasitage, la vaccination. Par rapport à la biosécurité, les poules sont toujours enfermées, et je leur évite la divagation pour qu’elles ne soient pas en contact avec les autres bêtes. Je fais aussi la prophylaxie sanitaire, j’entretien les poulaillers avec déparasitage externe pour pouvoir garder les volailles en bonnes santé. Pour ce qui concerne  le suivi technique, il y a l’ICAT qui me suit avec le conseiller agricole, les techniciens en élevage de l’ICAT de Sotouboua aussi m’appuient.

E.S : Parlons de la commercialisation de vos produits.
P.K : Mes poules sont vendues dans le marché d’Adjengré et de Sotouboua. Surtout en période de fête, la demande est grande. Certaines personnes viennent acheter aussi des poussins de deux mois pour l’élevage.

E.S : A combien vous vendez une tête de volaille ?
P.K : Ca varie selon l’âge et la grosseur. On peut avoir entre 3000FCFA et 1500FCFA.

E.S : Vos difficultés ?
P.K : Parlant des difficultés, on a quelquefois le vol, la mévente de nos poules, la rupture des produits sanitaires, l’instabilité du prix de vente, etc… Nous pourrons aussi ajouter les moyens financiers pour couvrir certaines charges.

E.S : Pensez-vous que l’appui du PASA a aidé ?
P.K : Bien sûr. Ça m’a beaucoup aidé. C’est grâce au PASA que je suis devenu un éleveur professionnel. J’ai mes bâtiments pour abriter les volailles, et un équipement adéquat. Avant, j’exerçais de façon traditionnelle.

E.S : En termes de chiffre d’affaire, avez-vous déjà rattrapé le coût du financement reçu ?
P.K : Bon, jusqu’ici, je ne peux pas dire tout à fait oui. Nous avons d’autres charges qui n’étaient pas prises en compte par le projet. Mais dans tous les cas, on peut dire que ça va.

E.S : La tendance aujourd’hui, est d’aller vers l’entrepreneuriat agricole. M. PEKE y pense ?
P.K : Bien sûr. Je rêve de devenir un entrepreneur agricole. Je réfléchis un peu à la transformation de mes produits en procédant à l’abattage en créant un petit restaurant avec un barbecue où les gens pourront directement consommer la chair de poulet.

E.S : Avez-vous un message  à l’endroit du Ministère de l’Agriculture de la Production Animale et Halieutique, peut-être encore pour un éventuelle accompagnement ?
P.K : Dans un premier temps, permettez-moi de remercier très vivement le gouvernement togolais et Son Excellence le Président Faure Essossimna Gnassingbé qui facilite la vie des producteurs agricoles et éleveurs. Je  voudrais exhorter le MAPAH à continuer dans cet élan sans se fatiguer. Aujourd’hui, l’économie du pays doit son salut grâce au secteur agricole. Nous avons enfin besoin d’être recyclés dans nos domaines respectifs pour mener très bien nos activités.

E.S : Merci monsieur PEKE Komlan.
P.K : C’est à vous le merci.

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